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Le concours de « machines » d’Ambert 2016

 

Le jury, à droite Raymond Henry 

     

 

          Présentation du concours

           Cette expression « concours de machines » désigne un concours regroupant des bicyclettes de fabrication artisanale, leurs constructeurs, leurs « pilotes » et un jury.

           Né en 1934 cet évènement a incontestablement fait progresser la technique du cycle plus particulièrement dans le domaine des bicyclettes de randonnée. Disparu après 1949 cet évènement remis au gout du jour par les « cycles Victoire » et la revue cycliste trimestrielle « 200 » a regroupé à Ambert du 1° au 3 Juillet une vingtaine de constructeurs.

         

                             Le règlement est un peu difficile à exposer dans le détail, mais retenons que les bicyclettes devaient être fabriquées en France, artisanalement et spécialement pour le concours. Les épreuves étaient à la fois purement techniques sur la base d’un cahier des charges très ouvert bien que précis et également pratiques avec trois parcours  à accomplir dans des conditions annoncées à l’avance :

  • Un parcours de 234km et 4300m de dénivelé
  • La montée du col du Béal, soit 55km et 900m de dénivelé
  • Un parcours « gravel » de 75km et 1100m de dénivelé (mixte goudron et chemins plus ou moins raboteux).

Ces parcours étaient proposés avec des moyennes de référence (25km/h pour le 234km, 12km/h pour la grimpée et 20km/h pour le « gravel ») et un système de bonifications/pénalisations  lié aux écarts avec les références.

Parmi le jury était présent notre historien de la F.F.C.T. Raymond Henry.

La complexité des parcours, le départ de nuit du premier jour, le terrain difficile du 3° jour imposaient de construire de vraies « randonneuses » et pas des vélos de course plus ou moins bien adaptés pour la circonstance.

 

Bibliographie

De nombreux articles ont été rédigés pour annoncer puis rapporter l’évènement.

Je rappelle ci-dessous la bibliographie que j’ai consultée :

  • La revue « cyclotourisme » de la FFCT (n° 662 de novembre 2016 et l’article de Raymond Henry p.52)
  • La revue « 200 » en vente en kiosque (n° 10 automne 2016)
  • Les informations récupérées sur internet :
    • Concoursdemachines.fr
    • Cyclodonia.wordpass.com  => renaissance du concours de machines
    • Tests de roulage : voir revue « bicycle quarterly » june 13, 2012 « performance of tires »

Bilan technique

 

Les cadres

 

Tous les cadres ont été fabriqués en France de manière artisanale. Ils sont adaptés au type de parcours qui était proposé. De ce fait le poids des machines évolue entre 10kg et 13kg pour la plupart.

Il faut noter la présence du constructeur Drômois « Vagabonde ».

Divers matériaux ont été utilisés, l’acier, l’acier inox, le titane, et ponctuellement quelques éléments en carbone.

Les géométries vont du très classique (géométrie à tube horizontal ou plongeant selon les constructeurs) à des solutions très originales (tubes dédoublés ou fourche triangulée).

Les transmissions

 

Les choix des constructeurs allaient du classique triple plateau associé à une cassette 9V (plus fiable et durable) au mono plateau associé dans un cas au moyeu « Rohloff » (boite à vitesse intégrée au moyeu arrière utilisable sans dérailleur) ou à une cassette 11V étagée de 10 à 42 associée à un plateau de 42, en passant par les classiques double plateau associés à des cassettes 11V ou 10V.

Compte tenu des difficultés des parcours proposés l’amplitude entre plus grand et plus petit braquet était d’au moins 400%.

Le freinage

 Là encore les choix étaient assez dispersés puisque l’on trouvait  des tirages central, des tirages latéral, des V Brake et des disques.

 

Les pneus

 Compte tenu du parcours « gravel » qui s’est révélé très dur pour le matériel, les choix techniques ont pu être classés assez facilement.

De nombreuses crevaisons par pincement des chambres à air ont été constatées soit sur des pneus de sections trop faibles, soit sur des pneus insuffisamment gonflés.

Les roues de 700C étaient chaussées de sections 28 à 32 mm, les roues de 650B étaient elles chaussées de sections 35 à 42 mm.

Les montages « tubeless » (sans chambres) apportaient un plus en éliminant le risque de pincement de la chambre (à condition d’être associés au produit de colmatage des trous consécutifs à une crevaison classique).

Ces sections supérieures à 28mm sont de nos jours encore peu utilisées.

Afin de combattre les préjugés défavorables d’un grand nombre de cyclistes, il faut rappeler deux éléments :

  • Aujourd’hui pour la taille 700C les pneus de section 20mm ont disparu au profit des 23mm, 25mm et même 28mm utilisés par les coureurs professionnels lors des classiques de printemps et pourtant les vitesses moyennes réalisées n’ont pas baissé.
  • La revue « Bicycle Quarterly »(voir la bibliographie) a effectué des essais de roulage réel (sur une pente goudronnée qualifiée pour ces tests) avec un très grand nombre de roues et pneus de différents standards et dimensions. Les conclusions sont contre-intuitives, mais indiscutables car expérimentales et reproductibles… La pression de gonflage des pneus a peu d’effets sur la qualité du roulage. Un pneu large offre moins de résistance au roulage qu’un pneu plus étroit.

Ces pneus larges sont associés à la taille 650B. Les meilleurs sont réalisés avec des enveloppes souples presque toutes fabriquées au Japon dans une usine produisant plusieurs marques.

En France rappelons l’existence du modèle 650Bx32 « Confrérie des 650 » fabriqué par Hutchinson grâce à l’appui de la FFCT.

Et tout le reste

 

Il y aurait beaucoup à dire sur les autres choix techniques, présence ou pas de garde boue, les solutions mises en œuvre pour les éclairages (à piles, à dynamo classique ou intégrée au moyeu avant), positionnement du porte sac, poids des machines (environ 10kg pour les plus légères et  jusqu’à 15kg pour celle présentant le moyeu « Rohloff »).

Mais j’invite les cyclistes curieux à consulter les documents cités en bibliographie.

Conclusion

Ce type de machine est adapté aux longues distances voire aux très longues distances. Les meilleures sont performantes et confortables. Mais nos constructeurs sont capables de concevoir des « tour du monde » aussi bien que des randonneuses légères. Celles engagées sur le concours de machines correspondaient à un cahier des charges précis proposé pour le concours d’Ambert 2016.

En consultant les articles cités dans la bibliographie vous pourrez  voir les différentes solutions techniques mises en œuvre par nos constructeurs.

Vous trouverez ci-dessous quelques bicyclettes présentes à Ambert. Les photos sont extraites des collections constructeurs.

La machine gagnante est une bicyclette « Victoire » construite en Auvergne

Parmi la vingtaine de constructeurs citons également « Vagabonde » installé dans la Drôme à Montélier

Et aussi les « cycles Cyfac » qui présentaient une bicyclette à cadre inox et carbone ainsi que des garde-boue carbone

 

MERCI à notre ami Claude BASTIDON membre des Cyclos Pierrelattins et fondateur du Club

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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